Leasing ou achat : le vrai calcul, poste par poste
Les sept postes à compter du côté de l'achat, un exemple chiffré sur 36 mois, et la ligne qui fait basculer le résultat dans un sens ou dans l'autre.

La comparaison entre acheter et payer l'usage se fait presque toujours de travers, en mettant une mensualité en face d'un prix d'achat. Ces deux nombres ne sont pas comparables. Voici la méthode qui les rend comparables, un exemple entièrement chiffré que vous pouvez refaire avec vos propres valeurs, et les postes que presque tout le monde oublie.
L'erreur de départ
Mettre 1 200 € par mois en face de 80 000 € d'achat ne veut rien dire, pour deux raisons.
D'abord parce que ces deux montants ne couvrent pas la même chose. La mensualité d'un abonnement regroupe l'assurance, l'entretien, les pneumatiques et les taxes du véhicule. Le prix d'achat ne couvre que la voiture.
Ensuite parce que l'achat n'est pas une dépense de 80 000 €. C'est une dépense égale à ce que la voiture aura perdu de valeur pendant que vous la gardez, plus tout ce que vous aurez payé pour la faire rouler. Si vous la revendez 44 000 € trois ans plus tard, la voiture elle-même vous a coûté 36 000 €, pas 80 000 €.
La seule comparaison qui a du sens est donc celle-ci : combien cette voiture me coûte au total, sur la période où je l'utilise, dans les deux cas.
Ce qu'il faut compter du côté de l'achat
Sept postes, et il en manque toujours au moins trois dans les calculs faits de tête.
- La perte de valeur. Prix payé moins prix de revente. C'est de loin le premier poste sur une voiture haut de gamme, et le seul qu'on ne voit jamais passer sur un relevé bancaire.
- L'assurance, en couverture tous risques si le véhicule est récent, ce qui est le cas ici.
- L'entretien, révisions au calendrier constructeur comprises.
- Les pneumatiques, deux trains si vous roulez en été et en hiver.
- Les taxes liées au véhicule, dont la nature varie selon le pays.
- Le coût de l'argent immobilisé. Quatre-vingt mille euros posés dans une voiture sont quatre-vingt mille euros qui ne travaillent pas ailleurs, ou qui sont empruntés et portent des intérêts. Ce poste est invisible mais réel.
- Le risque et le temps. Une panne hors garantie, une revente qui traîne, un acheteur qui négocie. Ce poste ne se chiffre pas facilement, mais il ne vaut pas zéro.
Du côté de l'abonnement, la liste est plus courte parce que les cinq premiers postes sont déjà dans la mensualité : le total des mensualités sur la durée, l'acompte éventuel, et les postes variables que sont le carburant ou l'électricité, les kilomètres au-delà du forfait, et la livraison selon le pays.
Un exemple chiffré, à refaire avec vos nombres
Les montants qui suivent sont inventés pour l'exercice. Ils ne correspondent à aucune offre, ils servent uniquement à montrer où le calcul bascule. Remplacez chaque ligne par votre situation réelle.
Hypothèses : une voiture affichée 80 000 €, gardée 36 mois, 24 000 kilomètres par an, revendue à 55 % de sa valeur.
Achat, sur 36 mois Perte de valeur (80 000 puis revente 44 000)36 000 €
Assurance tous risques 6 300 €
Entretien 3 200 €
Pneumatiques, deux trains 3 400 €
Taxes du véhicule 1 500 €
Coût de l'argent immobilisé 4 800 €
Total 55 200 €, soit 1 533 € par mois
Le premier est que l'écart est beaucoup plus faible qu'on ne l'imagine dès qu'on compte honnêtement les deux côtés. La sensation que l'achat est nettement moins cher vient presque toujours du fait qu'on oublie la perte de valeur.
Le second est que le résultat dépend entièrement de la ligne de revente. Changez le taux de 55 % à 62 %, et l'achat repasse devant. Changez-le à 48 %, et l'écart se creuse dans l'autre sens. Or c'est précisément la ligne que personne ne connaît à l'avance. Acheter, c'est parier sur cette valeur. Payer l'usage, c'est refuser de parier.
Les trois postes que tout le monde oublie
La trésorerie n'est pas le coût. Un achat comptant sort d'un coup, un abonnement s'étale. Deux solutions au même coût total n'ont pas du tout le même effet sur votre capacité à saisir autre chose dans les six mois.
Le temps a une valeur. Chercher, négocier, immatriculer, assurer, entretenir, puis revendre représente un nombre d'heures que personne ne compte et que tout le monde subit.
Quand l'achat garde clairement l'avantage
Il faut le dire, sinon l'article devient une plaidoirie plutôt qu'un guide.
Si vous gardez vos voitures très longtemps, huit ou dix ans, l'achat gagne presque toujours, parce que la perte de valeur ralentit fortement passé les premières années et que vous continuez de rouler sans mensualité. Si votre kilométrage annuel est très faible, la logique du forfait joue contre vous. Et si vous attachez de l'importance à la propriété elle-même.
À l'inverse, si vous renouvelez tous les deux ou trois ans, si vous voulez une dépense stable, ou si vous préférez garder votre capital disponible, la comparaison penche nettement de l'autre côté. Les montants réels par voiture et par pays sont sur les fiches du catalogue, par exemple celle du Mercedes-Benz GLC 200d.
FAQ : leasing ou achat
- Le leasing coûte-t-il plus cher que l'achat au total ? Pas nécessairement, et l'écart est plus faible qu'on ne le croit. Tout dépend de la valeur de revente réelle, qui est justement la donnée inconnue au moment de décider.
- Que faut-il compter du côté de l'achat pour comparer honnêtement ? Sept postes : la perte de valeur, l'assurance, l'entretien, les pneumatiques, les taxes, le coût de l'argent immobilisé, et le temps que vous y passez.
- Pourquoi la perte de valeur est-elle le poste principal ? Parce qu'une voiture perd une part importante de sa valeur pendant ses premières années, et que cette perte ne se voit sur aucun relevé avant le jour de la revente.
- Sur quelle durée le calcul bascule-t-il ? Il n'y a pas de seuil universel. La règle utile est qu'au-delà de plusieurs années de détention, l'achat reprend l'avantage, parce que la perte de valeur ralentit alors que la mensualité, elle, continue.
- Puis-je acheter la voiture au terme du contrat chez Turismo ? Non pour un client particulier. Le véhicule appartient à la flotte et y retourne au terme. Pour une société, la question s'examine avec un conseiller.



